Contexte écologique

Climat

À transport égal de marchandises sur une distance équivalente, la navigation intérieure nécessite 3 à 6 fois moins d’énergie qu’un camion (Source VITO). Qui dit trois fois moins d’énergie dit automatiquement trois fois moins de carburant. Les émissions de CO2 d’un moteur sont directement liées à sa consommation en carburant. La navigation intérieure émettra donc systématiquement 3 à 6 fois moins de CO2 par tonne-km que le transport de marchandises sur route.

Le CO2 est, avec d’autres gaz à effet de serre comme le méthane, responsable du réchauffement climatique. Depuis le Protocole de Kyoto (1992) et les conférences sur le climat qui ont suivi (y compris Paris 2015), des engagements internationaux contraignants ont été pris pour lutter contre ce réchauffement par le biais de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La navigation intérieure s’est dans ce contexte imposée comme mode de transport durable. Le simple recours à la navigation intérieure en lieu et place du transport routier permet de diminuer les émissions de CO2 et contribue ainsi à la réalisation des objectifs fixés pour lutter contre le réchauffement climatique.

Qualité de l’air local

Les gaz d’échappement d’un moteur diesel contiennent des polluants atmosphériques tels que le NOX (oxyde d’azote) et des PM (particulate matter = particules fines ou hydrocarbures non brûlés). Bien qu’ils ne représentent qu’une faible proportion des émissions totales de gaz d’échappement (ils sont représentés à une échelle mille fois inférieure à celle du CO2), ces composants ont un impact très nocif sur la santé et sur l’environnement.

Pour exprimer cela en termes d’argent, nous pouvons nous baser sur les résultats de HEATCO. HEATCO est un projet européen qui a notamment développé une méthode de calcul standardisée du prix de revient pour les émissions liées au transport (https://cordis.europa.eu/project/rcn/87868_en.html). Cette méthode révèle que le prix des émissions de CO2 est d’environ 25 €/tonne

Le coût pour le NOX en Belgique est quant à lui estimé à 8 700 €/tonne. Enfin, pour ce qui est des particules de suie provenant des gaz d’échappement, HEATCO a calculé qu’il s’établissait entre 104 400 € et 483 400 €/tonne pour les émissions en Belgique, une variation qui dépend du lieu d’émission des gaz d’échappement, à savoir dans les zones densément peuplées ou dans les zones rurales.

La navigation intérieure doit encore rattraper son retard en ce qui concerne les émissions de polluants atmosphériques. Alors que les premières normes EURO de trafic routier sont entrées en vigueur en 1992 et que nous en sommes déjà aux normes EURO6 dans ce domaine, la norme CCR2 de navigation intérieure ne date, elle, que de 2007. Les nouvelles normes Stage V constituent donc un grand pas en avant.

Coûts sociaux du transport

Afin de refléter l’impact d’un mode de transport sur la société, d’autres coûts doivent également être pris en considération. La refacturation des coûts externes (internalisation) permet d’effectuer une comparaison objective entre les différents modes de transport. Le coût le plus frappant est celui de la congestion. L’impact des embouteillages et de la congestion sur notre société est énorme et augmente d’année en année. Il a également été tenu compte des coûts d’infrastructure (construction et entretien), de la pollution sonore et des accidents. Si l’on considère tous ces coûts de manière simultanée, la navigation intérieure offre de nombreux autres avantages. TML a réalisé une étude « Internalisation des coûts externes du transport en Flandre : mise à jour 2016 » (publiée en février 2017) pour le compte de MIRA (Milieurapport Vlaanderen). Cette dernière permet de dresser le tableau suivant:

Source Delhaye et all (2017) – telle que publiée par l’Agence flamande de l’environnement (Environmental Report Flanders)